[RISITAS] Le combat d'un Célestin pour devenir yes-life
Mais on reviendra à un chapitre tous les 2 jours d'ici non pas le prochain chapitre mais celui d'après
Bref en attendant la sweet arrivera ce matin, je suis à 1000 mots !
Je répondrai à vos messages dans la foulée !
Chapitre 12 – Retour à la réalité
Avant de reprendre ou nous en étions, je voulais faire un léger aparté, par rapport au fait que certains me reprochent de ne « pas vraiment être un célestin »
Au début je voulais répondre sur le topic aux gens qui me disaient ça mais je me suis dit que pour un nouveau lecteur qui arrivait, il mériterait aussi une explication s’il s’était déjà posé la question
Alors, oui, je suis d’accord avec vous, je n’étais pas le célestin « extrême », comme l’était un type de mon collège par exemple, que j’ai déjà brièvement évoqué et qui passait sa vie avec des livres tout seul, à se faire chercher et moquer par les autres
Mais je n’étais pas non plus un gars « lambda » comme certains l’ont dit, contrairement à ce que mon récit peut faire penser. Il faut savoir que je comptais bien traiter l’aspect célestin de ma vie plus en profondeur mais j’ai vu que les histoires avec C, les échecs de mes tentatives amoureuses, et autres trucs du genre, vous plaisaient bien plus qu’autre chose, donc j’ai choisi d’axer le récit là-dessus, ce qui donne l’impression que j’ai passé ma vie bien entouré de potes par exemple
De plus il est vrai que la définition de célestin est subjective, mais pour autant, je pense en avoir certaines caractéristiques
Je ne cherche pas non plus à me « vanter » ni à « prouver absolument » d’avoir été ce que j’appelle un célestin, loin de là, mais c’est juste pour mieux vous rendre compte de ma situation
Et puisque cela est devenu une sorte de reproche au titre de mon risitas (que je ne peux plus modifier par ailleurs hein) je me suis dit ce petit intermède s’imposait. Alors, cela ne sera pas structuré mais je vais vous récapituler un petit florilège de célestinerie qui a bercé ma douce vie
Cela a commencé surtout en sixième. J’avais commencé à laisser pousser mes cheveux qui étaient à l’époque encore très bouclés. Bon bah à partir de cette année et jusqu’à la fin du collège où je me suis coupé les cheveux, les gens se moquaient de moi et m’appelaient « mouton » ou « chou-fleur »
Et croyez-moi c’était très rarement affectif ou amical
-Eh chou-fleur
Je me retourne et je ne vois personne. Puis je me reçois une violente « chiquette » sur le crâne, je suis sonné, les larmes me montent aux yeux
-Bah alors mouton on va pleurer parce que maman brebis est partie ?
Voilà ce qui m’arrivait souvent
Ensuite, je vous parle souvent de mes moments avec C, avec mes potes magiciens, c’est vrai.
Mais en sixième, je n’avais personne à part C et il mangeait chez lui de base il me semble.
Du coup je passais ma vie à chercher un groupe dans lequel m’intégrer, et souvent cela se terminait de 2 manières :
1-Je trouve un groupe qui ne me gueule pas à la figure de me casser, et je passe le repas silencieux à les observer dans un malaise général avec les gens qui me jettent des regards qui veulent dire « mais dégage tu fais quoi ici on sait même pas qui t’es»
2-La solution que j’ai fini par adopter le plus souvent quand je me retrouvais seul à la cantine, manger seul et me faire observer non plus par une table mais par un self entier
Je vous avais dit que j’avais une dentition pas top et que j’étais minuscule ce qui me complexait. Bon si ça me complexait c’est avant tout parce que je me prenais des réflexions dessus assez souvent, mais bon j’arrivais encore à encaisser avec le temps
Étrangement, un truc qui m’a fait plus souffrir que les autres, c’est d’avoir été premier de ma classe tout le collège. On me traitait d’intello souvent et je le prenais hyper mal Je le prenais hyper mal, car ceux qui me traitaient d’intello étaient parfois ceux qui me traitaient aussi de chou-fleur, de minus, de dents jaunes
Mais c’était aussi les mêmes qui un jour, étaient subitement gentils avec moi :
-Hey OeufBrouille tu peux me faire mon DM je comprends rien et toi t’es trop fort t’as toujours des 20
-
-S’il te plaîîît OeufBrouille on est ami quand même
-E-euh o-oui d’accord allez donne j-je vais le faire
-Oh moi aussi tu peux me le faire OeufBrouille
-E-euh d’a-d’accord
-Moi aussi stp, merci !
-OeufBrouille t’as pas une feuille ?
-M…
-OeufBrouillle file ton stylo merci !
-OeufBrouille assois toi à côté de moi au contrôle merci t’es trop gentil
-M-mais j..
-T’as un truc à dire OeufBrouille ?
-N-non rien héhé
Et je faisais tout ça, avec l’espoir illusoire que le lendemain ils deviendraient tous mes amis
Mais ne changeait, et malgré ça je restais dans le monde imaginaire que je m’étais inventé, un monde où les gens finiraient par m’accepter
Comment ça je ne suis toujours pas un célestin ?
Bon je dois faire quoi, vous parler des innombrables fois où j’ai dû choisir mon chemin en rentrant des cours parce que des mecs me faisaient constamment chier et me suivaient pour me frapper parfois ?
De ma voisine mignonne du même âge que moi que je croisais h24 dans l’ascenseur et à qui je n’osais pas parler ce qui rendait le truc encore plus malaisant ?
Du fait que je n’invitais aucun ami chez moi et que mon seul ‘vrai’ pote chez qui j’allais était C ?
Du fait que j’étais moche physiquement et m’habillait comme une merde pendant de longues années ?
Du fait que j’étais toujours le dernier choisi pour faire les équipes de sport ?
Du fait que j’étais le seul de ma classe à ne pas avoir de consoles et que je me réfugiais dans les livres pour tuer le temps, et que, par conséquent, lorsqu’une discussion sur les jeux vidéos « populaires » de l’époque style Call Of s’entamait, je ne pouvais jamais m’intégrer car je comprenais rien même si j’essayais de faire genre, ce qui m’a encore fait perdre des occasions d’avoir des amis ?
Du fait que j’achetais parfois des bonbons et en donnait aux autres de la classe dans l’espoir de m’intégrer ?
Du fait que je passais de longues heures dans la cour à faire semblant de chercher des potes alors que j’étais tout seul, pour ne pas paraître ridicule ?
Du fait que j’étais tellement peureux des femmes au collège, qu’à part de rares exceptions, je ne savais pas comment tenir une conversation quand j’étais seul avec une fille ? (chose qui a dû arriver moins de 10 fois en 4 ans).
Du fait que… bon j’arrête, même si je pourrais continuer 10 pages comme ça
Alors OUI, il y a bien pire que moi les kheys
Mais CROYEZ-moi quand je vous dis que comparé aux gens que je côtoyais j’étais un célestin, un vrai
Ma seule véritable chance est d’avoir eu un pote solide sur qui compter. Quant à ceux qui disent que j’ai intégré le groupe des yes life, sachez que ça n’a duré que 3-4 mois au final, que malgré ça j’étais encore le gênant du groupe, et puis que le titre de mon Risitas s’appelle Le combat d’un Célestin pour devenir yes life, donc forcément j’ai essayé de l’être. Forcément j’ai eu des succès épars et volatiles
Mais vous savez-quoi ? Ces maigres réussites n’auront servi à rien, puisque, pour revenir à où nous en étions, je débarque au milieu de la 4e dans une nouvelle classe
Voilà pour cet intermède, si vous avez d’autres questions sur ma célestinerie, lâchez-vous je vous répondrai, mais je voulais juste préciser que même si ce n’est pas l’aspect que j’ai fait le plus ressortir dans ce risitas, j’étais bien de ceux-là, d’ailleurs je m’identifie énormément quand je lis les risitas d’autres forumeurs sur leur vie de célestin
Revenons donc à cette…présentation que je devais effectuer devant ma nouvelle classe.
-Allez OeufBrouille, ne fais pas ton timide voyons
Bon déjà c’est pas en disant ça que je vais m’intégrer, merci madame la directrice
Je prends ce qui reste de mes couilles à deux mains et je me lance, faisant fi des regards pesants qui s’abattent sur moi
Je sais que chaque micromouvement, que mon apparence physique, mon ton de voix qui n’a pas encore mué et qui est hyper aigu, sera analysé par cette classe qui me passe au peigne fin, mais bon, tant pis, allons-y
-E-euh alors b-bonjour, je m’appelle O-oeufBrouille je viens de ******* et je viens de déménager ici. Ee-et euh… Je…
Bordel pourquoi je n’ai plus rien à dire ? C’est tout ce que je peux raconter sur moi ?! Je vois certains sourire et chuchoter entre eux, je suis sûr qu’ils se foutent de ma gueule putin (à l’époque j’étais devenu très parano)
-J.je…
-Bon merci OeufBrouille, je vais te laisser t’installer maintenant, bonne journée Mme (elle parlait à la profe de français à qui on avait interrompu le cours)
Il ne reste plus qu’une place à côté d’une fille blonde super mignonne et je sue encore plus à l’idée de m’installer à côté d’elle
Elle me sourit et devient encore plus belle, alors je me décide
Je m’assois et la profe sourit, puis reprend son cours.
Pendant la fin de l’heure, j’essaie de parler un peu avec la fille, on l’appellera F
Elle est assez gentille avec moi et m’explique où ils en sont dans le programme, je me dis que y’a moyen que ce soit la meuf qui me permettra d’accomplir enfin ma promesse rituelle
Faut dire qu’à l’époque je me projetais très vite avec les gens
Enfin bon j’ai l’impression qu’à la fin du cours je suis devenu ami avec F
Elle était si gentille et douce avec moi, fragile escargot échoué sur une terre aride où la progression devient presque impossible
Pourtant, à la fin du cours, elle se détourne de moi et semble m’oublier instantanément
En sortant je la vois s’avancer à grand pas….
Elle se jette alors dans les bras d’un mec qui l’attendait dans le couloir et l’embrasse à pleine bouche
Bordel mais j’en peux plus
Mes espoirs vains si vite construits sont aussi vite balayés
Je baisse la tête
Je commence à en avoir marre, pour la première fois ma promesse semble irréalisable
Je veux dire, le fait d’avoir sympathisé avec cette fille super belle et de me rendre compte en 1h que j’avais aucune chance a été comme un coup me ramenant à la réalité
Pour vous dire, je n’ai plus jamais parlé seul à seul à F
On se croisait en classe, se parlait parfois en groupe mais c’est tout
Elle n’aura jamais été ni ma copine ni une amie ni même ne m’aura aidé les autres jours à m’intégrer, je commence à penser à ce moment que les filles sont dépourvues d’empathie
A la sortie du cours un type étrange, à la chevelure hirsute et rousse vive vient me parler
-Salut moi c’est P (un prénom médiéval), je suis ton tuteur pour les trois premiers jours pour t’aider à mieux t’intégrer, après ça sera Emmanuel pour la fin de la semaine
Il me désigne du doigt un grand renoi de 2 mètres qui a l’air d’être un yes life Le type roux, P, en revanche, à l’air d’être assez…. Marginal
Je m’en rendrais compte bien vite mais passons. Ce jour-ci il me montrera un peu le fonctionnement du collège, les salles, la cantine
La journée se finit, et même si je sais que P est obligé de rester avec moi pour m’aider j’ai l’impression que je me suis fait une sorte… d’ami un peu comme moi (j’avais tort )
En rentrant dans mon nouveau chez moi, la tristesse me rattrape
Je repense à la fille F qui m’a oublié instantanément. Je me dis que ma vie se résume à ça, des espoirs broyés
Je suis dévasté à l’idée d’avoir tout abandonné dans mon ancienne ville. D’autant plus que je n’ai gardé aucun contact, à part facebook et encore. Je ne prends ni train ni métro ni les bus à cette époque (de toute façon je sais même pas comment faire je me perdrais sûrement) donc je me demande comment je pourrai retourner voir mes anciens « amis », et C surtout
Sur le chemin, je remarque néanmoins une silhouette à l’allure patibulaire qui m’observe et me suit
Je suis un peu myope (ah j’avais oublié de le dire ça, je portais des lunettes en classe uniquement) donc je n’arrive pas à savoir si c’est une fille ou un garçon (bordel si j’avais su à quel point cette question avait du sens à ce moment)
Mais c’est sûr, il ou elle me suit. La silhouette s’arrête quand je m’arrête, se cache même parfois
Bordel mais où je suis tombé, c’est un pedo ou c’est comment ?
Je file chez moi et rentre enfin, la silhouette a disparue. Nous en reparlerons très bientôt…
Je monte dans ma chambre
Je m’assois au milieu des cartons qui jonchent encore le sol, je pense une nouvelle fois au groupe de Tom qui doit déjà m’avoir oublié
Puis soudain je craque les larmes viennent et coulent sur mes joues
Je ne saurais pas dire pourquoi à ce moment précis, mais j’ai l’impression de tout laisser sortir de moi
Ça fait longtemps que je n’avais pas pleuré, ça fait du bien en fait
Plus les larmes ruissèlent sur mes joues, plus je me détache de mon corps
J’ai l’impression très réelle de flotter et de me voir de l’extérieur, comme un fantôme spectateur
Je me trouve pathétique à cet instant et les larmes s’arrêtent immédiatement
Je « réintègre » mon corps, et je m’essuie le visage de ma manche salie
Bordel mais qu’est-ce que j’ai fait pour en arriver là
Plus rien ne me rattache à ces 14 ans d’efforts passés dans mon ancienne ville et j’ai l’impression de perdre une sauvegarde d’un jeu accompli à 75%
Je voudrais parler de tout ça à mes parents mais je préfère leur laisser dans la tête l’idée que je vais hyper bien, je ne veux pas leur transmettre ma souffrance intérieure
Je devrais être heureux pourtant, j’ai une chambre sans mes sœurs, une nouvelle maison, et même un ordinateur portable flambant neuf rien qu’à moi où est déjà fièrement installé Dofus
Mes yeux dérivent
Balayent la pièce d’un regard futile
S’arrêtent
Sur quelque chose que j’avais oublié avec toute la frénésie passée de ce déménagement
Un vulgaire bout de papier, qui signifie beaucoup pour moi
Un dernier lien avec mon monde oublié
Une lettre
La lettre
La lettre, de C
Il ne m’a pas oublié lui, c’est certain, il savait que je craquerai et m’a écrit cette lettre pour me soutenir, j’en suis sûr
Sacré C
Je la saisis, pantelant
Je l’ouvre, fébrile
Je commence à la lire, rongé par la curiosité, persuadé qu’elle m’aidera à sortir de tout ça
Et….
Je ne comprends RIEN DU TOUT à cette MERDE
Le prénom médiéval
Pour la lettre de C je verrais bien un message codé pour qu'il t'oblige à comprendre la clé.
+ sweet
L'histoire est vraiment intéressante, i kiff it. J attends la SWEET avec impatience
Je sais que tu as beaucoup écrit mais tu peux pas nous laisser comme ça
SWEET
Le 13 juin 2018 à 13:31:56 PostBan2 a écrit :
P comme perceval ( aux long cheveux)
P comme pirlouit
Excellent, cimer chef pour ce chapitre de qualité !
Elle était si gentille et douce avec moi, fragile escargot échoué sur une terre aride où la progression devient presque impossible
T'as vraiment un talent d'écriture et des idées poétiques khey ! Pour un peu tu pourrais partir en prose !
j’ai l’impression de perdre une sauvegarde d’un jeu accompli à 75%
En plus tu sais comment toucher la corde sensible de tes lecteurs !
Le 13 juin 2018 à 13:31:00 corki99 a écrit :
El famoso moche nul en sport et qui ne joue à aucun jeu un minimum connu, que de souvenirs
Le prénom médiéval
Pour la lettre de C je verrais bien un message codé pour qu'il t'oblige à comprendre la clé.
+ sweet
tu connais
Ooohh...je ne peux en dévoiler plus mais...
Données du topic
- Auteur
- OeufBrouille1
- Date de création
- 18 avril 2018 à 11:00:26
- Nb. messages archivés
- 2377
- Nb. messages JVC
- 2362